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Laure Mondet
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La réforme du CMG emploi direct du 1er septembre 2025 devait faire 43 % de perdants. Pour l’Unaf, c’était déjà beaucoup trop ! En fait, l’Observatoire national de la petite enfance 2025 en identifie 55 % . C’est pourquoi pour évaluer concrètement cette réforme, l’Unaf a lancé un appel à témoignages auprès des parents. Les 1 792 retours recueillis permettent de mieux identifier les familles perdantes, de mesurer les conséquences de ces pertes et ainsi de dénoncer les effets de cette réforme, à corriger impérativement.
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La réforme du Complément de libre choix du mode de garde (CMG), qui aide les parents à financer le recours à une assistante maternelle, affichait pour objectif de : (i) « soutenir financièrement » les familles ayant des « besoins d’accueil importants ou des revenus modestes », (ii) rapprocher les coûts de l’accueil individuel de ceux de l’accueil collectif. 6 mois après la réforme, à la lecture de l’Onape 2025 et de sa propre enquête auprès des parents, l’Unaf démontre que ces objectifs ne sont pas atteints.
L’Unaf a voulu aller plus loin et interroger les parents sur les effets concrets de cette augmentation de leur dépense d’accueil du jeune enfant… Sur les 1 792 parents ayant répondu à l’enquête de l’Unaf, 63% sont perdants avec la réforme. Il s’agit principalement :
« Le changement représente une baisse du CMG de plus de 1200€ par an. […] nous avons tous les deux des postes prenants. Heureusement que c’est notre dernière année. Depuis la naissance du bébé, nous avons déjà fortement limité le poste vacances, cela a maintenant un impact sur le poste alimentaire. » Couple ayant 2 enfants à charge, dont l’un est gardé 176h mensuel.
« Mon mari prend des postes (personnel hospitalier) pour ne pas avoir trop d’heures de nourrices. Et nous avons 150€ de plus à débourser par mois avec le nouveau calcul au 1er septembre pour un équivalent mi-temps ! Nous n’avons pas le choix que de garder le contrat jusqu’à la scolarité de notre deuxième enfant. Nous travaillons énormément et prenons des horaires décalés (nuit, week-end, fériés) pour qu’ils ne manquent de rien […] » Couple biactif ayant 2 enfants à charge.
« Nous ne bénéficions plus du CMG du fait de nos revenus jugés trop importants alors que nous vivons en IDF et que les prix notamment de l’immobilier sont extrêmement chers donc il devient compliqué pour nous de payer une nounou 900€/mois sans aucune aide. Je réfléchis à arrêter de travailler si mes parents ne peuvent pas m’aider à garder mon fils. », Couple biactif ayant 1 enfant à charge.
« Lorsque j’avais prévu le mode de garde par assistante maternelle j’avais fait les simulations et il devait me rester 100€ de ma poche ce qui était acceptable […] Désormais je dois payer quasiment 300€ par mois… C’est très difficile de boucler les fins de mois. […] Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer à faire garder mon bébé », Mère monoparentale, ayant 1 enfant à charge
« Je n’ai pas encore diminué le nombre d’heure du contrat mais je réfléchis à diminuer mon temps de travail pour pouvoir la garder une journée de plus dans la semaine. Je suis infirmière et ce n’est déjà pas simple de trouver avec nos horaires atypiques, mais le reste à charge devient trop conséquent pour nous. », Couple ayant 1 enfant à charge et se définissant financièrement comme « c’est juste il faut faire attention »
« J’ai dû renoncer à une garde à domicile et n’ayant pas de centre de loisirs les mercredis j’ai dû ne plus travailler les mercredis. Je déménage à 200km et je change de travail à cause de ça, je retourne vers chez mes parents pour que mes enfants y soient gardés gratuitement » Mère monoparentale, ayant 2 enfants à charge.
« Depuis la nouvelle réforme cela est difficile mais nous n’avons pas d’autres solutions. Nous réfléchissons pour l’année prochaine d’arrêter la nounou et que je travaille à temps partiel », Couple biactif ayant 1 enfant à charge et se définissant financièrement comme « c’est juste il faut faire attention »
« La question d’un 2ème enfant se posait mais avec cette réforme elle n’est plus d’actualité car nous n’aurons pas les moyens », Couple ayant 1 enfant à charge et se définissant comme « y arrivant difficilement »
« Nous souhaitions un deuxième enfant. Sans aide CMG ce projet est reporté et vu notre âge sera peut-être annulé », Couple ayant 1 enfant à charge et se définissant financièrement comme « ça va »
« Ce que j’ai pu constater en parlant avec des parents qui ont également un enfant en bas âge gardé, mais en crèche, c’est que le coût est beaucoup plus important chez une assistante maternelle. Même si on n’arrête pas de nous dire l’inverse. En plus d’avoir vu une baisse du CMG, nous avons tous les à côté à payer : nourriture, couches et les congés payés. C’est un luxe de faire garder son enfant aujourd’hui. Ça remet en question notre désir de faire un second enfant lorsque l’on calcule combien cela va nous coûter avant l’entrée en maternelle. Et dans notre couple nous souhaitons tous les deux conserver notre activité professionnelle, mais pas avoir un salaire qui part pour la garde de nos enfants. » Couple biactif ayant 1 enfant à charge et se définissant financièrement comme « ça va ».
Depuis dix ans, le coût de l’accueil des jeunes enfants ne cesse de croître : restrictions des aides publiques, augmentation des tarifs en crèche, diminution du nombre d’assistantes maternelles entraînant une hausse de leur tarif horaire… Pourtant, de nombreux parents peinaient déjà à assumer ces dépenses. Dans ce contexte, la réforme du complément mode de garde (CMG), censée marquer le lancement du service public de la petite enfance, part sur de mauvaises bases.
Pour y remédier, l’Unaf propose plusieurs mesures :
À l’heure où la natalité recule et où le pouvoir d’achat des familles est sous pression, la mise en place du service public de la petite enfance ne doit pas se traduire par une explosion des coûts qui rendrait l’accueil inaccessible pour certaines familles ou contraindrait des parents — notamment des mères — à renoncer à leur emploi.
[1] PLFSS 2023, annexe 9, p277
[1] PLFSS 2023, annexe 9, p277
[1] Rapport de l’Onape 2025 (Cnaf), page 34 : 27% de perdants direct, 12% de perdants nouveaux entrants et 16% de perdants qui voient leur perte compensée par le complément transitoire. [1] Rapport de l’Onape 2025 (Cnaf), page 28
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