UDAF 13
tuteurs familiaux

Actualités

Voir toutes les actualités

Les hôpitaux et le développement durable

Le terme de développement durable a été introduit par la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement en 1987. Il implique que « les besoins des générations actuelles doivent être satisfaits sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». La France a intégré cette notion en 2005 dans le préambule de sa Constitution.

Le développement durable comporte trois piliers :
- un pilier social (insertion, exclusion, santé des populations) ;
- un pilier économique (capacités productives, insertion dans la mondialisation, innovation et recherche) ;
- un pilier environnemental (changement climatique, ressources environnementales).

Les établissements de santé ont un impact économique particulièrement important ; avec environ avec plus de 3 000 établissements (publics, privés ou PSPH), ils représentent plus d’un million de salariés, plus de 60 millions de mètres carrés de locaux et plus de 15 milliards d’euros d’achats ; un citoyen sur deux se rend dans un établissement de santé chaque année. Ils doivent donc en matière de développement durable avoir un comportement exemplaire en transformant ce qui peut paraitre une contrainte en un atout pour répondre aux objectifs de qualité et de performance attendus par la population:

• performance financière, avec les économies engendrées par un fonctionnement éco-responsable ;
• performance sociale avec le développement des questions liées à la responsabilité sociale des organisations ;
• performance environnementale avec la maîtrise des ressources et la diminution de l’impact des activités ;
• performance des pratiques professionnelles avec le lien entre développement durable et activités de soins.

A l'occasion de la Semaine du Développement Durable 2011 a été organisé le 2ème Congrès national sur le thème « Manager le Développement Durable en établissement de santé ».
Qu’ils soient publics ou privés, les établissements de santé s’engagent de plus en plus massivement dans le développement durable. De nouvelles problématiques et de nouveaux enjeux sont à l’origine des démarches éco-responsables menées par ces établissements : privilégier les équipements basse-consommation, choisir des matériaux isolants et non polluants dans ses projets de construction, acheter des véhicules propres ou économes ou encore former son personnel aux éco-gestes, …, autant de bonnes pratiques recensées pour penser différemment les investissements et le fonctionnement des établissements.

Qu’il s’agisse de l’eau et de l’énergie, du bâtiment, des déchets, des transports, des achats ou du management, les domaines d’actions et de progrès sont nombreux.
Afin d’accompagner les établissements dans ce processus d’amélioration et d’optimiser leurs initiatives, les fédérations hospitalières (FHF, FEHAP, FHP), les ministères de la santé et du développement durable, l’ADEME, l’ANAP, des associations professionnelles hospitalières (IHF, UniHA, ResaH IdF…) et de représentants d’établissements témoins se sont unis dès 2006, pour créer le Comité de Pilotage « Manager le Développement Durable en établissement de santé » (DDH).

Ce Comité constitue un relai de premier ordre pour les établissements souhaitant passer à l’action.
Dès 2008, le Comité a mis à la disposition des établissements de santé, le Baromètre du développement durable en établissement de santé. Véritable outil statistique et pédagogique, le baromètre permet à l’ensemble du secteur de se situer par rapport aux enjeux environnementaux et sociaux actuels et à chaque établissement de progresser en connaissant les actions mises en œuvre partout en France. 498 établissements ont participé à la campagne 2011 du Baromètre, soit 55% de plus qu’en 2010.

Chaque année les établissements les plus avancés dans les démarches de développement durable sont mis à l’honneur. Ces pionniers sont récompensés par les DDH Awards, véritable reconnaissance de leur action et de leur engagement. Cette remise de prix est l’occasion d’un véritable partage des expériences et des bonnes pratiques au bénéfice de tous les établissements de santé.

Le 27 octobre 2009 a été signée une convention d’engagements dans le cadre du Grenelle Environnement. Les axes de progrès fixés par la convention portent sur le management et la gouvernance des établissements de santé, les économies d’énergie et d’eau, l’éco-construction, la réduction des gaz à effet de serre, la gestion des déchets et des effluents, la politique d’achats, la communication et la formation.

Cette convention, et le tableau de suivi des critères de progrès sont utilisés par les établissements de santé comme un outil de pilotage de leur politique de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Quelques objectifs chiffrés inscrits dans la convention :

Manager
Les établissements de santé volontaires s’engagent à intégrer le développement durable comme une composante de leur management et à réduire leur empreinte écologique.

Gérer
Parce que la lutte contre le changement climatique et la maîtrise des consommations énergétiques constituent un enjeu majeur, les établissements de santé s’attacheront également à contribuer aux engagements nationaux pris dans le cadre du Grenelle Environnement et à réduire de 20% d’ici 2012 la consommation énergétique des bâtiments afin de réduire leurs émissions de CO2. Optimiser la gestion de l’eau et de l’énergie dans les bâtiments et développer le recours au renouvelable est un préalable (solaire, bois, géothermie…). Rappelons que les établissements de santé publics représentent un patrimoine immobilier de plus de 60 millions de m².
Dès lors, tous les bâtiments neufs devront intégrer des critères HQE, tendre vers des objectifs de Basse Consommation ou de Très Haute Performance Energétique pour les bâtiments concernés par des activités tertiaires, tout en respectant les spécificités liées aux activités de soins. Pour des bâtiments existants, Il s’agit d’engager au fur et à mesure des réhabilitations, un travail de « lifting énergétique » du parc immobilier.

Valoriser
L’exemplarité dans la filière de recueil et traitement des déchets de soins à risques infectieux (DASRI), liée au respect de la réglementation abondante existant depuis 1975 est connue.
Pour autant la mise en place d’une démarche globale de réduction à la source, de tri, et d’optimisation de la valorisation des déchets produits par les établissements de santé reste toujours d’actualité.

Se déplacer
Ce sont aussi les modes de transport – salariés, patients et visiteurs – qui devront évoluer de façon substantielle, et accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Acheter
Par le volume et la diversité de leurs achats, les établissements de santé peuvent avoir un impact important et un effet d’entraînement dans de nombreuses filières professionnelles.
Les établissements volontaires s’engagent ici à intégrer des critères environnementaux, sociaux ou sociétaux dans le choix des produits et services qu’ils achètent. Cette démarche vise à intégrer progressivement des critères de développement durable dans les appels d’offre et le choix des fournisseurs, dans le respect des impératifs de qualité et de sécurité des soins.

Communiquer
Enfin les établissements de santé considèrent leur apport au développement durable comme le prolongement de leur contribution à l’intérêt général. Leur engagement se traduit par la promotion d’une pédagogie du Développement durable ayant pour cible aussi bien leur personnel que les patients et leur famille, les fournisseurs ou encore les partenaires.

Jean Michel BUDET
Directeur général adjoint de l’AP-HM
Délégué régional de la FHF