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tuteurs familiaux

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La tyrannie des temps, conciliation des temps des services publics et des temps des citoyens

06 février 2007 - 18h00 à 20h00
Au Centre Le Mistral

Dans le cadre de l'Université des Familles organisée par l'UNAF, l'UDAF 13 propose une session sur le thème "La tyranie des temps : conciliation des temps des services publics et des des temps des citoyens".


Problématique
Si les difficultés de conciliation des temps de vie - qu'ils soient professionnels, familiaux, personnels, de loisirs ou sociaux - sont fortement perçues par les salariés quelles que soient leurs situations de vie, les parents sont toujours plus nombreux en moyenne à évoquer cette « tension quotidienne » du temps ...
Ce n'est plus un secret pour personne, la vie familiale s'accompagne d'une fragmentation des temps et des rythmes de vie.
D'un côté, la bi-activité s'impose au sein des couples pour des motifs économiques, sociaux et personnels connus. De l'autre, flexibilité, horaires décalés, planning évolutifs, horaires « gruyères » ou simplement imprévisibles deviennent monnaie courante.
Ainsi, de plus en plus de salariés exercent leur activité professionnelle le samedi, le dimanche ou la nuit, occasionnellement ou régulièrement. Le constat est dur mais réel : un salarié sur deux a travaillé au moins un samedi, dont 30 % au moins 17 samedis dans l'année. Les horaires « décalés » sont tout aussi fréquents : 25 % des salariés terminent après 18h30 et 18 % commencent avant 7h30. Enfin, le travail nocturne touche 22 % de la population et est désormais légal pour les femmes.
Ces nouveaux horaires imposent leurs contraintes et la vie familiale n'en est pas la moins concernée. Ainsi, si les difficultés de conciliation des temps de vie - qu'ils soient professionnels, familiaux, personnels, de loisirs ou sociaux - sont fortement perçues par les salariés quelles que soient leurs situations de vie, les parents sont toujours plus nombreux en moyenne à évoquer cette « tension quotidienne » du temps ....
Cette tension se traduit pour les parents - le plus souvent pour les mères - par une « course contre la montre, la peur du grain de sable, la nécessité d'avoir anticipé des enchaînements d'actions qui se passent dans des lieux différents... ». Difficile dans ces conditions d'exercer sereinement ses responsabilités parentales !
Face aux demandes des familles, la conciliation des temps est devenue une préoccupation inscrite sur l'échiquier politique. Pour autant, si des actions ont été menées, force est de constater que les politiques publiques des temps, dans leur majorité, ont souffert de l'absence d'une réelle stratégie globale et d'anticipations sur les transformations des modes de vie ...
En outre, les attentes des familles sont exacerbées par l'évolution du rapport au temps marquée elle même par la « dictature du temps réel » et le règne absolu de l'immédiateté et de l'instantanéité. Pour Nicole Aubert, notre « culture temporelle est en train de changer radicalement ».
A l'évidence, la tension des temps prend des allures tyranniques...
Cette tyrannie des temps est-elle inéluctable ? Quelles réponses les pouvoirs publics peuvent-ils apporter ? Avec quels partenaires ? Quel niveau territorial est-il le plus adapté pour agir ?
A l'évidence, les contraintes parentales s'exercent dans le cadre territorial des lieux de vie. Cette territorialisation des contraintes nécessite à son tour une territorialisation de l'action publique.
D'autant que « le temps des uns n'est pas forcément le temps des autres, et de multiples contradictions et paradoxes en découlent, selon que l'on soit utilisateur de la ville, salarié, citoyen, jeune ou senior, homme ou femme, en activité, retraité ou chômeur, et selon les revenus de chacun ... »
Mais au-delà, la conciliation des temps demande de la cohérence dans les mesures et de la concertation entre les acteurs y compris les familles. Il n'y a pas en la matière de remède miracle, mais des opportunités existent en raison d'une prise de conscience collective et toutes doivent être pensées sans arrière-pensées ni prêt à penser - pour reprendre la philosophie des universités des familles - et ce dans le cadre d'un nouvel environnement social, économique, familial et temporel des familles.

Jean-Claude Brun,
président de l'UDAF des Bouches-du-Rhône